Leçon 3, Chapitre 5

La reformulation (partie II)

Aubry Ingrid 2 décembre 2021
Progression du Leçon
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Le résumé de texte est une « réexpression » dans une forme brève et claire de l’essentiel de la pensée de l’auteur.

La difficulté est d’être concis tout en reprenant toutes les idées importantes. Et le résumé doit être parfaitement intelligible par quelqu’un qui ne connait pas le texte d’origine.

Que faut-il garder ?

Les idées de l’auteur

Sans ajout (il n’est pas question de donner votre opinion).

Le plan du texte de base

Avec la progression argumentative

Que faut-il supprimer ?

Les exemples

S’ils ne sont pas trop développés ou s’il ne s’agit pas d’exemples argumentatifs.

Attention : Le plus souvent, un exemple s’emploie pour illustrer un argument mais il arrive parfois que ce dernier ait une valeur argumentative, présente un cas concret, représentatif d’un ensemble, ce qui permet d’en tirer un enseignement général, un argument.

Exemple : Fumer est dangereux pour la santé. En 2016, 23 % des décès liés à un cancer en Belgique étaient dus à des fumeurs souffrant d’un cancer du poumon.

Dans le cas ci-dessus, l’exemple a valeur d’argument.

Par contre dans l’extrait suivant, l’exemple illustre l’argument et peut être supprimé car il est là simplement pour donner plus de poids à l’argument.

Il a été démontré que la fumée de cigarette est dommageable non seulement pour l’organisme du fumeur, mais aussi pour celui du non-fumeur respirant la fumée ambiante : on parle alors de tabagisme passif, tout aussi préjudiciable et à l’origine des mêmes problèmes médicaux. Ainsi, il n’est pas rare d’apprendre qu’une serveuse de bar qui n’a jamais fumé de sa vie développe un cancer.

Les redites

en dégageant la progression des arguments, vous repérerez mieux ceux qui dans chaque partie se répètent sous une autre forme.

Exemple : Lisez le texte suivant

Esclaves de la vitesse

Pourquoi sommes-nous si pressés ? Esclaves de la vitesse, nous ne prenons plus le temps de vivre. Un nouveau mouvement mondial, baptisé Slow, prône la lenteur pour une meilleure qualité de vie. Tentant ?

Lorgnez-vous votre montre au moins dix fois par jour ? À la caisse du supermarché, rongez-vous votre carte bancaire lorsque le client devant vous a choisi un article non étiqueté, pour lequel il faut appeler un responsable introuvable ? Dans la circulation, quand vous vous êtes enfin extirpé d’un interminable bouchon, écrasez-vous le champignon pour rattraper le temps perdu ? Vous arrive-t-il de lire le journal ou de manger devant la télévision ? Engloutissez-vous vos repas en moins de quinze minutes ? Avez-vous souvent envie de bâcler l’histoire du soir avant de coucher votre marmot ?

Si vous avez répondu oui à la plupart de ces questions, vous êtes atteint de ce que le professeur américain Larry Dossey appelait déjà, en 1982, la « maladie du temps ». Un mal aujourd’hui universellement répandu. Dans les pays industrialisés surtout, nous sommes devenus quasi tous prisonniers du culte de la vitesse, de notre relation névrotique au temps, de cette hâte compulsive qui transforme notre vie en course permanente contre la montre, comme le lapin blanc, toujours en retard, dans Alice au pays des merveilles.

Notre impatience est devenue implacable. Le moindre contretemps nous rend furieux. Il suffit d’être ralenti par un automobiliste moins pressé que nous sur la route pour nous transformer en bête enragée au volant. Une page Internet qui se charge un peu moins rapidement que d’habitude et nous voilà près de balancer le clavier à la poubelle. Nous avons oublié ce qu’est l’attente. Au restaurant, de plus en plus de clients demandent l’addition avant même d’avoir entamé leur dessert. Même en vacances, nous succombons à la tentation de rentabiliser le temps. Nous sommes obsédés par l’idée d’en faire toujours plus toujours plus vite.

Conséquence : les cabinets médicaux sont envahis de patients atteints d’affections liées au stress (insomnies, migraines, hypertension, troubles gastro-intestinaux, problèmes dermatologiques… ) En 2003, détrônant le mal de dos, le stress est devenu la première cause d’absentéisme au travail chez les Britanniques. On ne prend même plus le temps de dormir. L’Américain moyen passe 90 minutes de moins dans son lit qu’il y a un siècle. Aujourd’hui, à peine 7% des Espagnols font encore la traditionnelle siesta.  

La vie à toute allure cause aussi des dégâts à la famille. Dans certains foyers, les Post-it placardés sur le réfrigérateur sont devenus le principal moyen de communication. Diverses enquêtes le montrent : un nombre croissant d’adolescents se plaignent de ne pas voir assez leurs parents. Selon des statistiques récentes, il apparait qu’un père australien passe en moyenne huit secondes en tête-à-tête avec son gosse, chaque jour. Les enfants eux-mêmes jonglent désormais avec des emplois du temps dignes d’un chef d’entreprise, entre le cours de solfège, la séance d’équitation, l’entrainement de football et le dimanche chez les scouts. Significatif ? Les suicides d’adolescents sont en hausse en Occident.

Article paru dans Le Vif – L’Express (23-29 juin 2006)

 

Pouvez-vous relever toutes les expressions ayant trait au champ lexical de la vitesse ?

Vous constatez désormais que tout le texte est jalonné de mots et expressions ayant trait à la vitesse. De paragraphe en paragraphe, l’auteur répète une constante qui fait partie de la thèse qu’il veut défendre : nous ne prenons plus le temps de vivre, nous sommes esclaves de la vitesse. Dans le résumé, il ne faudra pas, bien entendu, reprendre les nombreux exemples qui lui permettent  d’illustrer son propos, même si ces derniers sont particulièrement parlants. Il conviendra donc supprimer toutes les redites et de les réduire à une formulation plus dense.

Distinguons donc dans ce texte l’essentiel de l’accessoire. Faisons un exercice reprenant les idées du texte.